La reproduction des élites nord-coréennes

Les cadres de l’appareil politique nord-coréen issus de l’ancienne génération cherchent à maintenir coute que coute leur pouvoir. A la différence des élites occidentales et un peu à la manière des élites soviétiques[1], les élites nord-coréennes disposent de privilèges nettement plus étendus que ceux des élites occidentales. Ces élites habitent dans des quartiers sécurisés et séparés du « commun des mortel » nord-coréen.

Le quartier de Moranbong à Pyongyang est tout particulièrement reservé aux élites du PTC. Ces meme élites recoivent de manière automatique un appartement à Pyongyang ainsi que des résidences secondaires qui leurs sont attribuées à vie. Quant on compare cela aux élites occidentales, la nomenklatura nord-coréenne semble être beaucoupl plus « au-dessus » de la loi que les élites européennes. C’est pourquoi un des problèmes clés de la « nomenklatura » nord-coréenne actuelle concerne sa reproduction. Chacun des membres des principales institutions politiques nord-coréennes nomme un suppléant considéré comme étant digne de confiance.

Les trois générations de la famille de Yang Hyong-sop
Les trois générations de la famille de Yang Hyong-sop

Celui-ci le remplacera au cas ou le premier sera malade ou sera amené à quitter ses fonctions. Des suppléents sont trouvés dans les principales organisations politiques comme par exemple le Bureau Politique du PTC, le CC du PTC ainsi qu’au sein des structures régionales du PTC. Le système nord-coréen n’est cependant pas héréditaire. Les postes des « anciens » ne sont pas automatiquement transmis aux « plus jeunes » cependant les « anciens » tiennent à transmettre leur privilèges à leurs enfants pour éviter l’arrivée de nouveaux venus qui pourraient menacer l’équilibre du système.

Choe Sun-hee (la fille adoptive de Choe Yong-rim)
Choe Sun-hee (la fille adoptive de Choe Yong-rim)

La génération des élites nord-coréennes nées dans les années 50 et 60  ont préparé leurs enfants à prendre des postes à responsabilités dans le système nord-coréen. Citons quelques exemples : le fils de Paek Nam-sun, Paek Ryong-chon qui était jusqu’en 2014 le président de la banque centrale nord-coréenne. Quant à l’ancien chef de l’armée nord-coréenne, le maréchal O Jin-u, son fils O Il-song est actuellement le secrétaire du bureau des affaires militaires du PTC. Ri Yong-chol, un ancien vice-directeur du département de la propagande et de l’agitation aurait pu s’agiter de sa tombe en voyant que sa fille Ri Yong-chan est actuellement la directrice du département 54 de l’APC. Celle-ci est actuellement tout particulièrement couvée par Hwang Pyong-so, le directeur du Bureau Politique de l’APC. Choe Yong-rim, un ancien premier ministre nord-coréen ne se doutait pas forcément que sa fille adoptive Choe Sun-hee deviendrait une des personnes clés du bureau des affaires américaines du MAE nord-coréen. Nous reviendrons à ces personnalités d’ici peu.

Identité Poste principal Parent de :
Ri Yong-ran Directrice du département 54 de l’APC Ri Yong-chol/Hwang Pyong-so
Choe Sun-hee Directrice au sein du bureau des affaires américaines du MAE Choe Yong-rim
Kim Chul Directeur de la société Chungbong Kim Won-hong
Choe Hyun-chul Employé de sociétés commerciales nord-coréennes Choe Ryong-hae

[1] Je recommande à cet égard l’ouvrage de Michael Voslensky intitulé La nomenklatura – Les privilégiés en URSS, Le Livre de Poche, Paris 1980.

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