Eléments de réflexion relatifs à la nature des relations entre la Corée du Nord et la Russie

Introduction

Ci contre quelques éléments de réflexion concernant la coopération entre la Russie et la Crée du Nord

Développement

La Russie a un désir profond, du moins officiellement, de réduire les complications issues de la division de la nation coréenne. Durant une très longue période, le principal problème existant entre la Russie et la Corée du Nord fut la question de la dette de Pyongyang envers Moscou. Ce problème que j’ai évoqué dans le passé a été finalement résolu en Mai 2014 ans le cadre d’une loi du parlement russe stipulant l’annulation pure et simple de 90% de la dette nord-coréenne.

Celle-ci qui était d’un montant de 9 milliards d’euros et devenu du jour au lendemain 900 millions d’euros ! Cette somme devra être remboursé dans un délai de 20 ans (c’est-à-dire jusqu’en 2034). Croyez-vous au remboursement nord-coréen? Moi non, eux (devinez qui) non plus. Un remboursement est probable en cas de changement de gouvernance en Corée du Nord, ce qui est fort peu probable à court terme. D’un autre coté, ces 900 millions de dollars deviennent avec le temps foncièrement important, prenant en compte les difficultés financières auxquelles fait face de plein gré la nation russe et son président (responsable de la dérive ukrainienne et de la dégringolade du niveau de vie de ses compatriotes).

La coopération entre les deux pays a également été longuement bloquée par la méfiance des élites russes envers celles de Pyongyang. C’est un secret de Polichinelle que de souligner le dégoût profond mutuel qu’avaient Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine envers la famille des Kims. L’arrivée au pouvoir du vrai faux tandem Medvedev-Poutine changea radicalement la donne. Poutine rencontra plusieurs fois le leader décédé nord-coréen Kim Jong-il. Quant à son collègue devenu président (et à présent premier ministre) sur conseil de son valet devenu roi, il en fit de même. De ses rencontres il en résulta entre autre un autre accord antérieur datant d’octobre 2012 concernant un partenariat dans la protection et contre le trafic de ressources maritimes. On dit également que de manière non officiel, Kim Jong-il négocia des traitements médicaux à Moscou pour des membres de sa famille. Les leaders russes crurent, en disant oui, avoir accès aux dossiers nédicaux des personnalités nordcoréennes.

La politique russe envers la Corée du Nord est singulièrement liée au modèle de fonctionnement du KGB (réputé pour contrôler les actions des ambassades nord-coréennes à l’étranger). Les ambassadeurs russes travaillant à l’étranger sont en général issus d’écoles liés aux services secrets russes. Leurs allocutions font parfois rire ou pleurer. Par exemple un ancien ambassadeur russe à Pyongyang m’affirma indirectement que « la Russie ne participa jamais à la Guerre de Corée ». Rire ou pleurer ? A vous de choisir. En raison de formations et d’une vie dans un paradigme idéologique outrepassé, le gouvernement russe perçoit mal (et pourtant il dispose d’une forte base à Pyongyang) la réalité de la Corée du Nord. Ce pays cherche à profiter de nouveaux appuis suite à la fin de l’ydille que maintenèrent les autorités chinoises envers le régime de Kim Jong-eun. Saviez vous qu’au cours des trois dernières années, aucune personnalité importante chinoise ne s’est rendu en Corée du Nord ?

Les échanges économiques entre les deux pays demeurent très limités. Selon les données du ministère de l’économie russe, cette coopération s’élève uniquement à une centaine de millions de dollars. Mieux, c’est la Russie qui fait l’essentiel de ses échanges en exportant des marchandises pour une valeur globale de 100 millions de dollars. La Corée du Nord exporte quant à elle pour 10 millions de dollars. Tout cela est très faible en comparaison des échanges commerciaux sino-nord-coréens estimés à hauteur de 2 milliards de dollars. Ajoutons à cela que les échanges russo-nordcoréens correspondent à moins de 0,1% des échanges commerciaux de la Russie. Ce 0,1% est capital pour les statistiques russes, il représente en effet un seuil d’erreur. Pauvre Corée du Nord…il ne s’agit dans les yeux des statistiques moscovites que d’une « erreur statistique ».

On peut bien entendu affirmer que le marché nord-coréen attend grand ouvert les produits russes. Les problèmes qui cependant se posent sont de plusieurs natures. D’une part la Russie n’exporte quasiment rien en dehors de ses matières premières (dont les cours chutent au jour le jour), d’autre part n’étant pas spécialiste dans la production de bien de grande consommation, les marques russes auront du mal à se forger une place sur le marché nord-coréen. C’est pourquoi nous ne verrons pas dans un futur très proche de Lada à Pyongyang..

Conclusion

Que peuvent espérer les russes de la Corée du Nord ? Rien excepté le fait que certains de ces asiatiques (en échange de pétrole) organisent des actions terroristes visant à déséquilibrer l’Asie du Nord-est. Est-ce possible selon moi ? Oui tout à fait. Dans le passé les services secrets nord-coréens ont entre autre fait exploser des avions sud-coréens, enlever des citoyens du monde entier (y-compris originaires de France) sur et hors de son territoire, financer des organisations terroristes et enfin participer à des expériences d’armement biologiques. Tou cela bien sur financer par un trafic de drogue longuement élaboré par les sbires de Kim Il-sung (l’inventeur de cette idée macabre et douteuse).

Quant aux nord-coréens, que peuvent-ils espérer de Moscou ? Tout puisque ils n’ont rien. Malgré les chutes du cours du pétrole et les achats effrénés des nord-coréens de cette matière première, Pyongyang a toujours besoin de réserves pétrolières pour faire face aux aléas du futur. Un partenariat avec la Russie semble donc tombé à pic. Excepté cela, la Corée du Nord ne peut pas espérer grand-chose de nouveau de son allié russe. Peut-être quelques formations pour ces élites (réalisées bien sur à titre gratuit), quelques millions de dollars pour des projets plus ou moins vaseux, mais excepté cela, l’appui russe s’avère être de faible potentiel pour les nord-coréens. La Guerre en Ukraine y est fortement pour quelque chose. Poutine a pillé son budget (et donc le budget de ses compatriotes) pour réaliser son rêve de la « Grande Russie). La Corée du Nord a cependant envoyé à Moscou, Choe Ryong-hae considéré par certains comme le numéro deux de la Corée du Nord. Etait-il à nouveau questions de traitements médicaux ? Rien n’est moins sur pour les gérontocrates nord-coréens.

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