Les familles des élites nord-coréennes

Introduction

Le décès de Kim Jong Il, le 17 décembre 2011, a entrainé certains changements au sein des élites nord-coréennes qui gouvernaient jusqu’alors en Corée du Nord. Tout d’abord Kim Jong Un, le fils de Kim Jong Il fut obligé de remplacer son père dans tous les domaines qui lui étaient alors réservés. D’autre part d’anciennes personnalités ont disparu peu après de la scène politique[1]. Enfin de nouvelles personnalités sont apparus dans l’entourage de Kim Jong Un. Le document suivant se donne pour mission de présenter les élites nord-coréennes qui dominent la scène politique en Corée du Nord. En premier seront présentés les membres de la famille des Kims. En second point seront évoqués les plus proches conseillers de Kim Jong Un qui disposent d’une certaine expérience en matière de politique. Enfin, nous tenterons de voir qui sont les élites nord-coréennes qui ne sont pas directement issues de la famille des Kims. A travers les points énumérés ci-dessus, nous tenterons également de répondre à la question relative au pouvoir exercé par la famille des Kims sur la scène politique nord-coréenne.

  1. Les membres de la famille des Kims qui continuent d’exercer de l’influence en Corée du Nord[2]
    • Kim Jong Un et ses plus proches conseillers
      • Kim Jong Un (1983 – …): le numéro un de la Corée du Nord

Les médias asiatiques et occidentaux continuent de savoir peu de choses à propos du leader actuel de la Corée du Nord. Celui-ci serait né dans la province du Pyongan du Nord le 8 mai 1983[3]. Concernant sa jeunesse, il fut éduqué en Suisse et en Allemagne entre 1996 et 2002 où il séjourna à Berne et à Genève. De 2002 à 2006, il étudia l’art militaire à l’Université Kim Il Sung, plus exactement il y reçut une éducation privée étant rarement mêlé aux autres étudiants. A partir de 2006, Kim Jong Un commença à travailler dans des organes du PTC. De 2006 à 2009, il travailla ainsi sous la tutelle de Choe Ik Kyu, un collègue de Kim Jong Il qui réalisèrent ensemble des films de Propagande. A partir de 2009, Kim Jong Un rejoint des structures militaires et à partir d’avril de l’année en cours, il commença à travailler au sein de la CDN[4]. Un an après il reçoit ses 4 étoiles de général et fut nommé vice-directeur de la CDN. Sa carrière est cependant totalement différente de celle de son père. Son père Kim Jong Il a été nominé à la tête de la Corée du Nord dès 1968 (il n’avait que 26 ans alors)[5]. Cependant celui-ci a dut prouvé aux élites nord-coréennes qu’il était le seul à pouvoir contrôler les affaires de la Corée du Nord. Sa nomination officielle lors du 6ème congrès du PTC en septembre 1980 n’est que le résultat d’un dur travail au sein de certaines organisations cruciales de la Corée du Nord : le bureau de la sécurité personnelle de Kim Il Sung, le Département de la Propagande et de l’Agitation du CC PTC, le département de l’Organisation et de la Direction du CC PTC. Toutes ces organisations politiques furent courtisées par Kim Jong Il qui y tissa des relations franches avec les fonctionnaires dirigeant ces institutions politiques. Pour en revenir à Kim Jong Un, celui-ci n’a pas eu le temps de bâtir son réseau de connaissances tâche qu’il continue de réaliser. En effet les chercheurs s’occupant de la Corée du Nord estime que Kim Jong Un a commencé à être préparé à la succession de Kim Jong Il uniquement en 2006[6]. Il n’a donc bénéficié que de 4 ans pour préparer sa carrière et sa position présente. C’est ainsi que dès 2006 que Kim Jong Un accompagna son père dans le cadre d’inspections publiques[7]. Malgré tout ces 4 années (de 2006 à 2010) se sont avérées être cruciales pour l’expérience professionnelle de Kim Jong Un qui a appris durant cette période à travailler avec les élites qui étaient déjà au pouvoir en Corée du Nord.

Ci contre un schéma récapitulant l’ascension de Kim Jong Un[8]

L’ascension de Kim Jong Un au pouvoir

1996-2006

Education de Kim Jong Un

 

De 1996 à2002, Kim Jong Un habite en Suisse et en Allemagne où Ri Chol s’occupe de la gestion de son instruction

De 2002 à 2006 Kim Jong Un bénéficie d’un formation militaire au sein de l’Université Kim Il Sung

 

2006-2009

Travail de Kim Jong Un au sein des organes du PTC

Kim Jong Un travaille au sein de différents départements clés du PTC où il s’occupe de dossiers politiques et économiques
2009-2010

La propagande mentionne le successeur de Kim Jong Il dans la presse

La propagande nord-coréenne commence à mentionner l’idée de successeur à Kim Jong Il dans les médias nord-coréens destinés aux populations étrangères
2010-…

Kim Jong Un est intronisé en public et continue de bâtir son pouvoir et son réseau.

Lors du VIème congrès du PTC en septembre 2010, Kim Jong Un est officiellement présenté aux membres du PTC. Il est alors nommé au CC PTC, à la direction de la CMC et devient maréchal de l’APS

 

Une question demeure pour les chercheurs s’occupant de la Corée du Nord : est-ce que Kim Jong Un règne sans partage sur la Corée du Nord ? N’est-il pas seulement une marionnette du système nord-coréen et est-ce que la Corée du Nord est gérée par un collectif ?

Il semblerait que le pouvoir de Kim Jong Un est en réalité sous-estimé. Malgré son jeune âge, grâce à son éducation qui a débuté dès 2006 il a réussi à se tisser un réseau de connaissances fiables. Ce réseau était dans le passé cependant indétachable de sa tante Kim Kyung Hee et de son oncle Jang Song Thaek qui ont lourdement œuvré à son instruction.

Pourquoi les membres de sa famille ? L’origine de la théorie de la succession du pouvoir en Corée du Nord remonte à la fin des années 60 et au début des années 70. Dès cette époque, Kim Il Sung se savant malade, pensait à sa succession. C’est pourquoi nominé son successeur ne lui assurerait pas seulement de la sécurité mais aussi de la satisfaction. En effet Kim Il Sung observait ce qui se passait en Chine (notamment la nomination de Lin Biao comme successeur de Mao) et en Union Soviétique (les effets de la déstalinisation et la critique du travail de Joseph Staline par Nikita Kroutchev) et savait que pour maintenir sons système, il se devait de nominer un successeur. Kim Il Sung cherchait aussi à éviter qu’il soit critiquer après sa mort et que des conflits au sein de sa famille émergent. Hwang Yang Yop, le principal idéologue du PTC affirma que dès 1965 Kim Il Sung souhaitait transmettre le pouvoir à un de ses fils. En effet il considéra que seul un de ses membres de sa famille pourrait lui succéder car Kim Il Sung pouvait uniquement faire confiance à des membres de sa famille. Dans un premier temps Kim Il Sung pensa à son frère cadet Kim Yong Jun, néanmoins celui-ci était déjà malade à cette époque (Kim Yong Jun était souvent soigné en Roumanie[9]) , c’est pourquoi Kim Il Sung choisit alors son fils Kim Jong Il comme potentiel successeur. Tout cela explique donc que Kim Jong Un, éduqué dans l’esprit de son père – bien que loin de lui en Suisse – continue de perpétuer la tradition de faire confiance uniquement aux membres les plus proches de sa famille. De source chinoise ses plus proches conseillers seraient les membres les plus proches de sa famille .

 

  • Kim Jong Chol et Kim Sol Song : des conseillers familiaux de Kim Jong Un

Kim Jong Chol et Kim Sol Song sont respectivement le frère et la sœur de Kim Jong Un. Kim Jong Chol est né en 1984. Il fut éduqué en Suisse dans la ville de Berne. De retour en Corée du Nord dans le début des années 2000, il se met à travaillé dans le département de la Propagande et de l’Agitation du CC PTC. Selon une source sud-coréenne, il serait responsable du culte autour de sa mère : Ko Yong Hee[10] et cela pour préparer l’avénement de Kim Jong Un.

Néanmoins Peut-on considérer que Kim Jong Chol ait été durant un temps le successeur de son père ? Il semblerait que que ce soit peu probable. En se basant sur les propos de Kenji Fujimoto, (le chef de Kim Jong Il qui écrit des mémoires relatifs à son expérience en Corée du Nord), ceux-ci mentionnent que Kim Jong Il considéra Kim Jong Chol comme étant trop efféminé. et que donc celui-ci ne pouvait être son successeur. Malgré tout, Kim Jong Chol travaille au département clé du système nord-coréen : le département de la Propagande et de l’Agitation3.

Kim Sol Song, une fille de Kim Jong Il possède également des fonctions importantes en Corée du Nord. Né en 1974, comme ses frères et sœurs, elle fut éduqué en Suisse. Elle parle couramment en français et anglais et a longtemps travaillé avec Kim Jong Nam au sein de du département de l’informatisation de la Corée du Nord[11]. A présent elle serait responsable de certaines sociétés d’exportation nord-coréennes.

  • Kim Jong Nam (1971 – …): le vilain petit canard ?

Kim Jong Nam le demi-frère de Kim Jong Il est exilé hors de la Corée du Nord depuis la fin des années 90. Né le 10 mai 1971, de mère Song Hye Rim et de père Kim Jong Il. Dans sa jeunesse il fut éduqué en Suisse dans une école Internationale à Genève et fut éduqué personnellement par Ri Chol. Dans les années 90 il revint à Pyongyang où il est en contact avec Jang Song Thaek et Kim Kyung Hee qui lui donnera une éducation en économie. A partir de ce moment et en raison de son intérêt pour les technologies modernes, Kim Jong Nam commença alors a travaillé dans le département de l’Informatisation du PTC. A partir de janvier 2001, celui-ci reçoit un poste de directeur dans le département de l’informatisation où il était chargé tout particulièrement de la coopération avec la Corée du Sud. Cependant le premier mai 2001, les autorités japonaises l’arrêtent à l’aéroport Narita à Tokyo. Les médias occidentaux affirmèrent alors que celui-ci fut arrêté car il souhaitait se rendre à Disneyland. En réalité il semblerait que les autorités japonaises se préoccupèrent plutôt de ses connexions avec la Chonggryon, une organisation regroupant les nord-coréens basés au Japon[12].   En 2002, Kim Jong Nam est plus souvent vu en Russie où il reste auprès de sa mère qui résidait à Moscou depuis les années 80. Depuis 2003 il habite en Chine ou il serait responsable de certains investissements étrangers en Corée du Nord.

Peut on considérer que Kim Jong Nam ait été durant un temps le successeur de son père ? La tradition confucéenne affirme que le successeur du régent devrait être le fils le plus âgé. Kim Jong Il qui était très attaché à ces traditions souhaitait en effet que Kim Jong Nam soit son successeur. Néanmoins étant d’un mariage non officiel, les élites nord-coréennes n’acceptèrent pas Kim Jong Nam pour cette raison et pour l’incident de Narita. C’est pour cela que Kim Jong Nam est resté à l’écart des méandres de Pyongyang mais son rôle ne peut pas être sous-estimé dans le cadre des relations commerciales entre la Corée du Nord et le monde extérieur.

  • Les renégats de la famille ?

Pour en revenir à l’histoire de la Corée du Nord, il faut savoir que Kim Jong Il n’apprécia pas certains membres de sa famille[13]. Kim Jong Il renia tout particulièrement Kim Sung Ae, sa belle-mère qu’il jugea responsable du décès de Kim Jong Suk, sa mère biologique. Kim Jong Il ne faisait pas confiance à Kim Sung Ae qui souhaitait que la succession se déroule entre Kim Jong Il et ses fils biologiques : Kim Pyong Il et Kim Yong Il. Kim Jong Il opposé à une division du pouvoir fera alors tout pour envoyer ses demi-frères loin de Pyongyang. Kim Pyong Il fut envoyé en Europe Centrale et cela dès 1978 jusqu’au jour d’aujourd’hui : il est actuellement ambassadeur en Pologne. Le frère de Kim Pyong Il fut quant à lui envoyé en Allemagne de l’Est où il y étudia et travailla à l’ambassade de Corée du Nord à Berlin. Kim Yong Il décéda en 2000 d’une cirrhose du foie. La demi-sœur de Kim Jong Il fut aussi envoyé à Vienne où elle continue de vivre en tant que femme de Kim Kwang Sop : l’ambassadeur de la Corée du Nord en Autriche.

Est-ce que au jour d’aujourd’hui cette famille éloignée continue de poser problème à Kim Jong Un ? Il est difficile de savoir si ces personnes posent problème à Kim Jong Un et quelle est son rôle.  Une chose reste cependant claire : elles continuent d’habiter en Europe mais séjournent régulièrement à Pyongyang. Chaque année tous se rendent durant l’été à Pyongyang. C’est pour cela cette famille n’est pas éloignée des méandres de Pyongyang mais disposent d’un sort enviable dans leurs lieux de travail en Europe. Selon des sources chinoises propres à l’auteur, ces élites familiales travaillent aussi dans le domaine de la facilitation d’investissements en Corée du Nord.

  1. Les élites nord-coréennes
    • Les élites actuelles

Les élites actuelles de la Corée sont à rattacher aux principales organisations fonctionnelles de la Corée du Nord (au PTC, à l’APC, aux structures paramilitaires et aux societés économiques) La première génération est composé de personnes qui sont nés dans les années 30 et 40, qui ont lutter avec Kim Il Sung dans le cadre de la guerre de Corée et de la lutte contre les fractions adverses au sein du PTC (de nombreuses purges eurent lieu dans les années 50). Toutes ces personnes appartiennent à la classe des personnes loyales à la famille de Kim Jong Un.

  • Les Future Elites nord-coréennes

Les futures élites  nord-coréennes peuvent etre divisées en deux catégorie. La première catégorie est constituée par les politiciens nord-coréens qui sont nés dans la fin des années 50 et dans les années 60. La seconde catégorie constitue la troisième génération de leaders de la Corée du Nord. Ce sont en général des membres de familles de personnes issues des familles de la première génération de leaders nord-coréens. Ils ont l’occasion de voyager à l’étranger et pas uniquement dans les pays socialistes (notamment en Italie, en Allemagne, en France), sont en relation avec des étrangers et sont proches de certaines personnes influentes chinoises[14].

Ceux qui sont nés dans les années 60 et 70 appartiennent à la troisième génération de leaders nord-coréens. Ils s’occupent tout particulièrement des activités commerciales de la Corée du Nord. Certains d’entre eux sont aussi liés aux familles de leaders énumérées auparavant.

  1. La lute des clans ?

Prenant ainsi en considération que plusieurs familles se partagent le pouvoir en Corée du Nord, se pose alors la question si ces clans ne vont chercher à lutter entre eux.  Pour créer un environnement serein et stable, Kim Jong Un applique la même politique que son père, c’est m dire qu’il offre des cadeaux aux élites nord-coréennes qui en échange acceptent de laisser en place le statu quo[15].

Les familles qui semblent les plus puissantes en Corée du Nord sont celles de Kim Jong Un, de Kim Yong Nam et d’Oh Kuk Ryol. D’autres familles non présentées dans ce document sont également à prendre en compte. Par souci de simplification, celles-ci ne seront pas présentées.

3.2. La famille de Kim Jong Un

Ci-contre un document résumant les liens familiaux autour de Kim Jong Un

Personnalité Fonction principale Relation généalogique par rapport à Kim Jong-eun
Kang Sok-ju Conseiller de Kim Jong-eun Cousin germain
Kim Hye-kyong Poste inconnu Tante
Kim Jong-chol Conseiller de Kim Jong-eun Demi-frère
Kim Jong-nam Conseiller en investissements en Corée du Nord Demi-frère
Kim Kwang-sop Ambassadeur de la Corée du Nord en Autriche Oncle
Kim Kyung-jin Femme de l’ambassadeur de la Corée du Nord en Autriche Tante biologique
Kim Pyong-il Ambassadeur de la Corée du Nord en République Tchèque Oncle biologique
Kim In-kang Employé au sein de l’ambassade de la Corée du Nord en RépubliqueTchèque. Traducteur coréen-polonais Cousin
Kim Sol-song Directrice de sociétés Demi-sœur
Kim Yang-gon Secrétaire du PTC aux questions intercoréennes Grand-oncle
Kim Yo-jong Directrice de la Commission de la Défense Nationale Demi-soeur
Kim Yong-chun Maréchal adjoint, APC Grand oncle
Kim Yong-nam Chef d’état officiel de la Corée du Nord Cousin germain
Ko Su-il Poste de direction dans la garde rapprochée de Kim Jong-eun Oncle maternel
Yang Hyong-sop Secrétaire de l’Assemblée Populaire Suprême Cousin germain

3.2. La famille de Kim Yong Nam

La famille de Kim Yong Nam est aussi à relever dans le leadership nord-coréen. Les principaux membres de cette famille appartiennent à la première génération des élites nord-coréennes[16]. Kim Yong Nam, cousin germain de Kim Jong Un, règne sans partage sur l’APS. Ses frères possèdent également des fonctions cruciales en Corée du Nord. Kim Ki Nam est a la tête du bureau de l’histoire du PTC au sein du PTC[17]. Leur frère Kim Du Nam fut longtemps le directeur du mausolée de Kumumsan et appartenait  à la direction collégiale de la CMC conjointement à ses fonctions dans le Secrétariat Personnel de Kim Jong Il. La famille de Kim Ki Nam coopère tout particulièrement avec celle d’Oh Kuk Ryol : en effet Oh Kuk Ryol et Kim Du Nam, évoqué précédement, furent éduqués ensemble et cela dans l’entourage de Kim Jong Il.

3.3. La famille d’Oh Kuk Ryol

La famille d’Oh Kuk Ryol s’occupe tout particulièrement des dossiers militaires et économiques. Oh Jum Song, le père d’Oh Kuk Ryol lutta avec Kim Il Sung lors de la lute contre le Japon dans les années 40. So Ho Won, Un beau-fils d’ Oh Kuk Ryol travaille dans le Comité des Relations Culturelles avec l’Etranger de la Corée du Nord. O Se Won, un fils d’Oh Kuk Ryol travaille dans une société de commerce international. La fille d’Oh Kuk Ryol travaille en temps que directrice dans les studios cinématographiques de Pyongyang.

Les familles d’Oh Kuk Ryol constitue un excellent exemple de famille qui continue de jouer une place prépondérante dans les système nord-coréen. Oh Kuk Ryol, général de l’APC habita en Chine avec Kim Jong Il dans les années 40. Sa relation lui permit de prendre rapidement du grade en Corée du Nord. Dès 1964 il reçut des responsabilités dans les forces aériennes nord-coréennes. Il fut également en Egypte lors de la guerre du Kippour. Dans les années 90, il créa l’institut Mirim responsable d’actions de piratages nord-coréennes. Ses enfants sont maintenant engagés dans la direction de l’Institut Mirim et sont aussi engagés dorénavant dans des activités commerciales légales de la Corée du Nord[18]

 

Conclusion

De manière globale, on peut dire que le pouvoir en Corée du Nord peut être scindé autour de trios générations d’hommes politiques, de militaires et de technocrates. Vu d’une autre approche on peut remarquer que le pouvoir en Corée du Nord est divisée entre certaines familles. Dans n’importe quel cas, la famille la plus importante en Corée du Nord reste celle des Kims. Le maintien de cette famille à la plus haute marche du pouvoir résulte du statu quo qui réussi au système nord-coréen. Grâce à ce fonctionnement celui-ci se maintient ce qui est un signe de succès en comparaison aux chutes des régimes en Europe Centrale et en Union Soviétique et aux changement de régime en Chine. Ce statu quo est cependant lié au travail de Kim Jong Il qui fit tout pour que ces familles ne luttent pas entre elles pour prendre le pouvoir en Corée du Nord. Kim Jong Il se montra donc sans partage avec ces différentes familles en envoyant les membres clés de ces familles hors de la capitale. Jang Song Thaek fut ainsi exilée entre 2004 et 2007, Oh Kuk Ryol fut aussi démis de ces fonctions dans les années 2000.

Vu d’un tout autre angle on peut concevoir la Corée du Nord en termes de système intergénérationnelle. La première génération se chargerait de gérer certaines structures politiques (le département de la Propagande et de l’Agitation, le département de l’Organisation et de la Propagande, le Secrétariat Personnel de Kim Jong Un, l’APS). Ils maintiennent le statu quo social et la stabilité de la Corée du Nord. La deuxième génération gère les structures militaires du pays. On trouve ainsi à la tete des principales organisations militaires des généraux qui coopéraient avec Kim Jong Il. Enfin la troisième génération semble gérer les structures économiques du pays. En effet ce sont des personnes qui ont bénéficié de l’ouverture de la Corée du Nord depuis les années 90,  qui ont pu voyager et étudier longtemps à l’étranger et qui ainsi ont pu tisser des relations avec des partenaires étrangers.

Une question se pose alors dorénavant est la suivante : est-ce que Kim Jong Un saura maintenir le statu quo existant ? Pour l’instant il semblerait que oui cependant les prochaines années seront cruciales pour la Corée du Nord, car de nouvelles élites apparaitront à la tête de la Corée du Nord et ce sont elles qui seront alors responsables de la stabilité de la Corée du Nord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les élites nord-coréennes de la première génération (personnalités choisies)

 

Identité Principales responsabilités Date de naissance
Choe Ik Kyu

 

·         Vice Directeur du Département de la Propagande et de l’Agitation, CC  PTC 1934
Ju Kyu Jang

 

·         Membre CDN

·         Vice Directeur Département de l’Organisation et de la Direction, CC PTC

·         Vice-Directeur, 2ème Comité Economique

?
Kim Jang Gon

 

·         Directeur du Front de l’Unification 1938
Ri Myong Je

 

·         Vice Directeur du Secrétariat Personnel de Kim Jong Un

·         Vice Directeur du Département de l’Organisation et de la Direction, CC PTC

1929
Yom Ki Sun

 

·         Vice Directeur du Département de l’Organisation et de la Direction, CC PTC 1935

 

Les élites nord-coréennes de la deuxième génération (personnalités choisies)[19]

 

Identité Principales responsabilités Date de naissance
Kwak Pom Gi

 

·         Economiste nord-coréen Dans les années 50
Jon Sung Hun

 

·         Homme d’affaire nord-coréen Dans les années 50
Mun Kyung Dok

 

·         Responsable du PTC à Pyongyang 1957
O Il Su

 

·         Responsable de la Garde Rouge des Paysans Ouvriers Dans les années 50
O Se Won

 

·         Homme d’affaire nord-coréen Dans les années 50
O Su Yong

 

·         Responsable du PTC dans la Province du Hamgyung Nord Dans les années 50
Ro Tu Chol

 

·         Economiste nord-coréen Dans les années 50

 

 

Les élites nord-coréennes de la troisième generation (personnalités choisies)

 

Identité Principales responsabilités Date de naissance
Kim Jong Un

 

·         Numéro un de la Corée du Nord 1983
Kim Jong Nam

 

·         Hommę d’affaire 1971
Kim Sol Song

 

·         Femme d’affaire 1974

 

Appendice 1

La famille de Kim Jong Un dans le leadership nord-coréen  

Identité Relation par rapport à Kim Jong Un Fonctions principales dans les structures nord-coréennes
Kang Kwan Ju

 

Cousin germain par alliance de Kim Jong Un Vice directeur du Comité de la Réunification Pacifique

de la Nation

 

Kang Dok Su Cousin germain par alliance de Kim Jong Un Directeur de la télévision nord-coréenne.
Kang Sok Ju Grand oncle de Kim Jong Un Vice Premier Ministre
Kang Tong Yun Cousin germain Général APC

 

Kang Yong Sop Cousin germain Secrétaire de la Fédération des Chrétiens nord-coréens
Kim Il San Cousin germain par alliance de Kim Jong Un Maire de Kaesong
Kim Jong Un Fils de Kim Jong Il, petit fils de Kim Il Sung Leader de la Corée du Nord
Kim Jong Nam Frère de Kim Jong Un Homme d’affaires
Kim Jong Suk Cousin germain par alliance de Kim Jong Un, Femme de Kim Yong Nam Directeur de l’Université des Sciences Sociales
Kim Ki Nam Cousin germain par alliance de Kim Jong Un Vice directeur du Comité de la Réunification Pacifique

de la Nation

 

Kim Myung Hee Cousin germain par alliance de Kim Jong Un Responsable des Affaires Etrangères dans le Département Culturel, CC PTC
Kim Myung Woo Cousin germain par alliance de Kim Jong Un Vice-directeur du de l’Organisation et de la Direction, CC PTC
Kim Paek Yon Tante de Kim Jong Un Conseillère de Kim Jong Un
Kim Pyong Il Oncle de Kim Jong Un Ambassadeur nord-coréen en République Tchèque
Kim Sol Song Soeur de de Kim Jong Un Directrice du Département de l’informatisation du CC PTC, femme d’affaires
Kim Sung Hwan Cousin germain par alliance de Kim Jong Un Vice-directeur de l’Université de Chongjin
Ko Yong Ho Cousin de la tante de Kim Jong Un Général APC
Ri Yong Mu Grand oncle de Kim Jong Un Général de l’APC
Son Song Pil Cousin germain Ancien ambassadeur nord-coréen en Russie
Yang Hyong Sop Cousin germain par alliance de Kim Jong Un Secrétaire de l’APS

 

Appendice 2

La famille de Kim Jong Un resident hors de la Corée du Nord (membres choisies)

Identité Relation par rapport à Kim Jong Un Fonctions principales dans les structures nord-coréennes
Kim Jong Nam

 

Tante de Kim Jong Un Femme de l’ambassadeur nord-coréen en Autriche
Kim Paek Yon

 

Sœur de Kim Jong Un Réside en Allemagne
Kim Pyong Il

 

Oncle de Kim Jong Un Ambassadeur de la Corée du Nord en République Tchèque

 

Abréviations

APC    Armée Populaire de Corée

APS    Assemblée Populaire Suprème

BP       Bureau Politique

CDN   Commission de Défense Nationale

CC      Comité Central

[1] Bill Austin, North Korea’s ‘Dear Leader’ Dictator Kim Jong Il Dies; Son May Take Over, Agence Bloomberg, 19 décembre 2011.

[2] Kim Jong Il avait de nombreux enfants dont les médias ne connaissent pas l’identité où les détails de leurs vies. Un des présumés fils de Kim Jong Il serait Pak Sae Bong qui au jour d’aujourd’hui serait employé dans la CDN . Un autre fils serait Kim Hyun qui aurait été assassiné il y’a quelque années. Toutes ces informations ne sont que des rumeurs que nous sommes dans l’obligation de regarder avec distance.

[3] Entretien réalisé avec un réfugié nord-coréen. Pour des raisons de sécurité l’identité du réfugié ne peut pas être divulguée.

[4] L’appareil militaire nord-coréen est contrôlé par la CDN, un organe formé par Kim Jong Il.

[5] Dziak Waldemar J., Korea Północna u źródeł rodzinnej sukcesji władzy, ISP PAN Collegium Civitas, Warszawa 2009, p. 248.

[6] Entretien réalisé par l’auteur avec le professeur Cheong Seong Chang en juillet 2012 à l’Institut Saejong.

[7] Entretien réalisé par l’auteur avec le professeur Cheong Seong Chang en juillet 2012 à l’Institut Saejong.

[8] Des informations complémentaires peuvent être trouvées dans l’article du professeur Cheong Seong Chang  (Institut Saejong) intitulé « La succession du pouvoir en Corée du Nord et ses implications sur la politique extérieure du pays », Hérodote, Paris La Découverte, 2ème trimestre 2011, pp. 66-73.

[9] Jung Chang Hyun, Kim Jong Il of Korea, Jun Hang Books, Seoul 2009, p. 360.

[10] On peut comparer cette campagne à celle qui a été réalisée autour de Kim Jong Suk, la mère biologique de Kim Jong Il. Dans le cadre de sa campagne visant à idolâtrer Ko Yong Hee, Kim Jong Chol eut le soutien de deux collègues de Kim Jong Il : Ri Yong Chol et Ri Je Kang qui disparurent dans de mystérieuses circonstances en 2010 suite à des accidents de voitures non élucidés. Close Aide to Kim Jong-il Dies”, Chosun Ilbo, 27 avril 2010.

[11] Andrew Scobell, Kim Jong Il and North Korea: The Leader and the System, Defense Department of the United States of America, Washington 2006, p. 15.

[12] L’Association générale des Coréens résidant au Japon et regroupe 35 % des 600 000 coréens qui résident au Japon.

[13] Alexandre Y. Mansourov, Inside North Korea’s Black Box: Reversing the Optics, [w.] North Korean Policy Elites, (red.) Hassig, Kong Dan Oh, Ralph C. Hassig, IDA Paper P-3903, Institute for Defense Analyses, Alexandria, June 2004, p. 16.

[14] Des détails supplémentaires peuvent être trouvés dans le texte de Lee Kwang Ho, North Korea’s Three Generations Power Succession, „Vantage Point. Developments in North Korea”, juillet 2009 r., vol. 32, nr 7, p. 2.

[15] N.Korean Regime’s ‘Gift Politics’ Starts to Lose Its Luster, « Chosun Ilbo », 2 février 2009.

[16] Lim Jae Hyoung, The Power Hierarchy: North Korean Foreign Policy-Making Process, East Asian Review, été 2002, vol. 14, nr 2, p. 8.

[17] La femme de Kim Ki Nam est la directrice de l’Académie des Sciences Sociales de la Corée du Nord

[18] Oh Se Wan, un fils d’ Oh Kuk Ryol fut longtemps responsables de certaines activités commerciales de la Corée du Nord (à la tête du groupe Torche, un groupe de jeunes nord-coréens fils de dirigeants qui géraient des activités nord-coréennes). Oh Se Wan coopère avec Kang Tae Seung, fils de Kang Sok Ju (vice-premier ministre nord-coréen), le fils de Kim Yong Chol et de Ri Pyong Sam 9(tous des officiers haut placés de l’APC). Bill Gertz, North Korean Elites Linked to Crime, “Washington Times”, 24 May 2010.

[19] Ces nouvelles élites sont également liés au monde nord-coréen des affaires. Citons ici entre autre les personnes de Jon Sung Hun et de  Kim Yang Gon qui sont à la tete d’organisations commerciales nord-coréennes. Jon Sung Hun est un homme d’affaire nord-coréen qui a longtemps été ministre des matières premières en Corée du Nord et directeur des aciéries de Kim Chaek, Songjin, Chollima et Hwanghae. Actuellement il est vice-premier ministre de la Corée du Nord. Dans le passé il a voyagé en Corée du Sud  en compagnie de Kim Yang Gon, un nord-coréen qui siège en tant que directeur au sein du JVIC (Joint Venture Investment Committee), une organisation qui gère des investissements en Corée du Nord. Citons aussi la personne de Choe Ryong Hae, un officiel du parti qui fut longtemps à la tête des Jeunnesses Kimilsungiennes, de la fédération de football nord-coréenne et qui au jour d’aujourd’hui est directeur du BP de l’APC.

Advertisements

Laisser une réponse

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s